Tout ne se montre pas de la même manière.
Une parole.
Un silence.
Un mouvement du corps.
Une émotion.
Parfois, quelque chose insiste.
Se répète.
Résiste.
Surprend.
Ce qui apparaît est parfois
ce qui nous est le plus accessible.
D’autres dimensions
se laissent percevoir autrement.
C’est là que mon regard se porte naturellement.
Sur plusieurs niveaux de lecture à la fois.
Ce qui est dit.
Ce qui est ressenti.
Ce qui est fait.
Ce qui se joue dans le corps.
Ce qui se passe dans la relation.
Ce que raconte l'histoire.
Ce que l'environnement favorise, contraint, empêche.
Et ce qui fait la singularité d'une personne.
Les liens.
Les résonances.
Ce qui relie parfois
ce que nous pensions séparé.
Peut-être connaissez-vous cette expérience.
Comprendre, parfois bien plus tard,
qu'un événement, une rencontre, un voyage, une épreuve
avait déplacé quelque chose en soi
que l'on ne pouvait pas encore percevoir.
Mon ciment est la rencontre.
Entre plusieurs cultures.
Entre différentes manières d'appréhender les personnes et le monde.
D'entrer en relation.
Entre ce que la science permet d'éclairer
et ce que l'expérience apprend autrement.
L'intelligence du corps.
De la nature.
Des animaux.
Des enfants.
La richesse des voyages.
Des traditions.
Des pratiques.
Et les personnes que j'ai accompagnées,
que j'accompagne,
comme celles qui m'ont accompagnée.
J'ai posé tôt un choix conscient.
Pas forcément sur ce que je vis.
Sur ce que j'en fais.
Ce que je peux en apprendre.
Ce que cela peut déplacer.
Et comment cela peut me faire grandir
vers ce qui compte profondément pour moi.
Certaines rencontres ont ouvert mon regard.
D'autres l'ont bousculé.
Certaines m'ont profondément éprouvée.
Toutes, à leur manière,
m'ont appris à regarder au-delà
de ce que je croyais percevoir.
Et parfois,
de ce que je croyais savoir.
Une protection porte une intelligence.
Même lorsqu'elle finit
par devenir trop étroite.
Une difficulté peut être regardée
depuis plusieurs endroits.
Dans ce qu'elle montre.
Ce qu'elle protège.
Ce qui l'a rendue nécessaire.
Ce qu'elle a permis.
Les relations qui l'entourent.
L'environnement dans lequel elle apparaît.
Un être humain ne se résume pas à une seule dimension.
Corps. Cœur. Esprit.
Histoire.
Relations.
Environnements.
C'est ici que la systémie
est devenue pour moi une évidence.
Non pour tout expliquer.
Pour ne pas réduire.
Et cela dépasse la relation d'accompagnement.
La manière dont nous nous habitons
agit sur notre manière de travailler,
de décider,
de consommer,
de prendre soin,
d'exercer notre puissance,
d'entrer en relation,
d'habiter le vivant.
Notre manière d'être au monde
participe au monde que nous produisons.
Je l'expérimente à mon échelle.
Quelques millimètres de liberté intérieure peuvent déjà déplacer quelque chose.
En soi.
Dans une relation.
Dans un choix.
Dans une manière d'agir.

